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Le sursaut civique des Français ne s’est pas résolu à la fatalité électorale, qui aurait permis à Nicolas Sarkozy et à ses zélés lieutenants de rejouer la même partition droitière, en l’amplifiant. Une infinie clairvoyance, dont on mesure les bienfaits à la lumière de la nouvelle polémique haineuse sur "les drapeaux rouges et étrangers" brandis à la Bastille, et attisée, à l’unisson, par des porte-flingues amers de l’UMP et le FN. Loin des inflexions démagogiques du président vaincu qui appelait ses troupes, dimanche soir, à respecter le choix du peuple souverain, Nadine Morano a manqué cruellement de dignité démocratique en déclarant, sur Europe 1, à la vue des étendards non tricolores : "Ça ne me rassure pas beaucoup, a-t-elle ajouté. Je me dis : voilà quelle est la France qu'on va nous construire avec le droit de vote des étrangers (...) Cette démonstration n'était pas engageante ni réjouissante pour la France que nous avons à construire."
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Viande halal dans les cantines, horaires de piscine... Quand Nicolas Sarkozy dénonce le risque de communautarisme lié au droit de vote des étrangers voulu par François Hollande, il ne parle en fait que des musulmans. S'adresser aux communautés juive ou arménienne ne lui a pas posé problème. Analyse de Pascal Boniface, directeur de l'IRIS. Pour Nicolas Sarkozy, le communautarisme, c’est comme le cholestérol : il y a le bon et le mauvais.Dans le débat l'opposant à François Hollande, mercredi 2 mai 2012, Nicolas Sarkozy a réitéré l'argument selon lequel accorder le droit de vote aux immigrés pour les scrutins locaux risquerait de provoquer un vote communautaire. Comme l'a souligné François Hollande dans sa réponse, c’est avant tout le vote musulman que le président visait. Il serait en effet dommage et même contraire à la conception républicaine de la démocratie que les citoyens fassent dépendre leur vote du seul critère de leur appartenance communautaire. Mais ce risque existe-t-il seulement pour les immigrés musulmans comme semble penser Nicolas Sarkozy ?
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L'importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d'en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d'achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d'étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie.C'est déjà du reste cette France "retardataire" qu'on accusait d'avoir voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne. On l'opposait aux classes moyennes urbaines éduquées et modernes, qui font tout le sel social de notre démocratie bien tempérée.Disons que cette France d'en bas est quand même, en la circonstance, le baudet de la fable, le pelé et le galeux "populiste" d'où nous vient tout le mal lepéniste. Etrange, au demeurant, cette hargne politico-médiatique contre le "populisme". Le pouvoir démocratique, dont nous sommes si fiers, serait-il allergique à ce qu'on se soucie du peuple ? C'est l'avis dudit peuple, en tout cas, et de plus en plus.
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La crise économique favorise l'augmentation du racisme et de la xénophobie, estime dans un rapport, jeudi 3 mai, l'organe de lutte contre le racisme du Conseil de l'Europe, qui appelle les Etats européens à "agir" contre la banalisation du discours hostile aux immigrés. "La réduction des prestations sociales, la diminution des offres d'emploi et l'augmentation conséquente de l'intolérance à l'égard des groupes d'immigrés et des minorités historiques" sont les "tendances inquiétantes" constatées par la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) dans son rapport annuel 2011. Elle invite les gouvernements "à renforcer la capacité des instances nationales de défense des droits de l'homme, au lieu d'utiliser la crise économique comme motif de réduction de leurs ressources". Elle appelle également les responsables politiques à "résister à la tentation de céder aux préjugés et aux peurs déplacées".
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C’est entendu : l’électeur lepéniste souffre. De Rachida Dati à Ségolène Royal, de Hollande à Sarkozy, tout le monde le dit, partout : la France qui vote FN, c’est la France qui souffre, et il faut entendre cette souffrance. Et en un sens, c’est vrai. Oui, les électeurs du FN sont des gens qui souffrent, et oui, leur souffrance doit être entendue. Elle doit, cela dit, être entendue pour ce qu’elle est. Car ce n’est pas du chômage, de la précarité, de la misère économique et sociale que souffrent ces électeurs –du moins pas tous (loin de là), et pas plus (bien au contraire) que les autres électorats ou que les abstentionnistes.Toutes les enquêtes statistiques le confirment, depuis des années : ces électeurs-qui-souffrent se répartissent sur toute l’échelle sociale, des plus bas aux plus hauts revenus, dans des proportions à peu près équivalentes à celles de la société dans son ensemble, et les catégories sociales sur-représentées dans cet électorat ne sont pas tant les chômeurs ou les ouvriers que les fonctionnaires de police et les artisans-commerçants-chefs d’entreprise (les scores impressionnants du FN chez les ouvriers et les chômeurs n’étant qu’un effet d’optique trompeur lié à l’abstention : les ouvriers et les chômeurs ne votent pas plus que la moyenne pour le FN, mais ils votent moins que la moyenne pour les autres candidats, et sont sur-représentés chez les abstentionnistes et les non-inscrits).
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Plus de 10% de la population française est composée d’Arabes et de Noirs, Français par différents chemins historiques : la colonisation, les traites ou l’immigration postcoloniale. Une petite majorité d’entre eux vit dans des quartiers délabrés et souvent enclavés, des ghettos où l’échec scolaire le dispute à la précarité et à la petite délinquance. Ces Français ne sont pas arrivés hier, et aucun d’eux n’a vocation à partir demain, malgré ce qu’espère le cinquième des électeurs qui a voté Marine Le Pen. Ceux qui votent FN malgré le puissant tabou imposé par l’antiracisme du siècle dernier ne sont cependant que la partie émergée de l’iceberg. Ils révèlent une faille identitaire profonde, qui divise les Français bien au-delà de l’électorat du parti d’extrême droite. C’est pourquoi il faut s’inquiéter, et réagir.
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Le changement « maintenant », même s’il a lieu, n’effacera pas d’un coup d’un seul les scores obtenus par les Le Pen. C’est une constante, des idées et des thèmes en très nette progression depuis trois présidentielles maintenant. Alors disons-nous les choses, sans craindre de « faire-le-lit-du-Front-national », sans craindre de « favoriser-les-extrêmes », expressions totalement galvaudées aujourd’hui. Expressions bien utiles pourtant, et utilisées à bon escient pour vous convaincre de ne pas vous mobiliser et prendre votre destin en main. Nous vivons dans un pays raciste qui n’ose pas regarder la réalité en face malgré des sondages rassurants qu’on ose nous proposer. Malgré aussi les « personnalités préférées des français », véritable esbroufe organisée pour mieux nous rassurer nous, éternels petits immigrés qui deviendront un jour de parfaits petits Français bien intégrés !
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"Permettez-moi de vous dire que s'il y a un chef d'Etat qui, dans le monde, n'a pas frayé avec M. Kadhafi et est responsable de son départ et de ce qui lui est arrivé, je pense peut-être que c'est moi". Sur France Inter, mardi 17 avril, Nicolas Sarkozy a cherché à minimiser les liens tissés, au début de son quinquennat, avec le régime du colonel Kadhafi. Un régime qu'il a effectivement combattu en 2011, dans la foulée des révolutions arabes, en prenant la tête de la coalition internationale contre la dictature libyenne et en soutenant les insurgés. Mais, mardi, le président-candidat a démenti catégoriquement avoir cherché à vendre à Tripoli une centrale nucléaire, comme l'affirme l'ex-patronne du groupe Areva, Anne Lauvergeon, qui assure dans un livre que les négociations ont duré jusqu'à l'été 2010. "C'est mensonge éhonté", s'est emporté M. Sarkozy. "Il n'a jamais été question de vendre une centrale à M. Kadhafi". Des affirmations pourtant aisément démenties par... les discours de M. Sarkozy, disponibles sur le site de l'Elysée.
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